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Sa peinture, sa respiration !

100×100 cm



Avec cet artiste, il convient de parler d’œuvre tant il se situe aux antipodes des préoccupations décoratives, car Omer Amblas se laisse emporter par ses pulsions les plus intimes, celles qui le persécutent en même temps qu’elles le construisent pour peindre des personnages qui révèlent l’histoire et les souffrances du peuple antillais.
Pourtant, il ne sombre pas dans le misérabilisme préférant traduire la dignité des attitudes, à travers des effusions matiéristes qui échappent au classicisme de la figuration.
Inscrit dans une démarche résolument contemporaine, à la limite entre la figuration libre et l’art brut, c’est un expressionniste convaincu qui a toujours rejeté l’insouciance du réalisme convenu. En se concentrant sur les visages, il exprime les névroses individuelles d’une conscience souvent révoltée.
Le trait délimite des silhouettes qui apparaissent dans une superposition de couches de matière, complexes.
Le regard et la bouche, soulignés de quelques éclats colorés, exacerbent les émotions.
La représentation succincte suggère le drame par la déformation et l’agrandissement des éléments anatomiques.
Amblas semble vouloir donner la parole à ceux qui ne l’ont pas !
Avec sa série sur « les Insoumis », il met en scène des silhouettes silencieuses qui témoignent avec angoisse du partage de la souffrance.
Sa peinture, c’est sa vie !
Et ses toiles jadis plus colorées qui témoignaient « d’un romantisme exotique », selon l’artiste, sont remplacées par des compositions monochromes de gris et de beiges colorés, d’une grande sobriété.
Elles sont le reflet de la maturité et des états d’âme d’un artiste instinctif et paisible qui s’est toujours exprimé avec une grande sincérité.
En choisissant d’interpréter la figure humaine, son œuvre revêt un caractère universaliste qui lui permet de crier son désarroi face à l’histoire de l’humanité.
Thierry SZNYTKA





